Coronavirus : L’environnement ne doit pas être sacrifié sur l’autel de l’économie !

 


 1à avril 2020

On peut aujourd’hui constater que la crise qui frappe le monde met en lumière les travers de la mondialisation et de son hyper financiarisation. Ce système qui détruit la planète, crée des inégalités monstres, doit aujourd’hui laisser place à un monde plus juste et écologique auquel aspire notre génération.

Avec la crise sanitaire du coronavirus et le confinement de la moitié de la population mondiale, force est de constater qu’il est possible de vivre sans surconsommer continuellement. C’est l’occasion unique d’imaginer un nouveau monde. Pour sauver la planète, il faudra impérativement revoir notre mode de vie et cesser de consommer biens et services de manière abondante. Plus généralement, il faudra impérativement démondialiser et tirer toutes les conséquences de cette crise. L’austérité imposée par l’UE pour « protéger » notre économie n’aura eu pour seuls et dramatiques effets que de creuser les inégalités et d’affaiblir les Etats et les marchés.

Notre pays est aujourd’hui dépendant d’autres pays dans de nombreux secteurs dont celui de la santé avec le criant exemple des masques : la sixième puissance du monde est incapable de produire elle-même les protections de ses soignants et est obligée de passer des commandes exorbitantes la Chine ! L’urgence est donc de développer les secteurs essentiels de la Nation, les services publics : sécurité sociale, santé, enseignement, réseau de transport bas carbone, réseau d’électricité verte, d’eau, d’assainissement.

Comme l’écrivaient Lilian Alemagna et Jonathan Bouchet-Petersen dans Libération le mercredi 8 avril : « le défi en France est d’assumer une forme de souverainisme à la Jean-Pierre Chevènement sans ouvrir de boulevard au nationalisme de Marine Le Pen ». Arnaud Montebourg, qui nous alertait depuis une dizaine d’année sur la nécessité de démondialiser appelle à une Reconstruction Écologique, une baisse drastique des importations et « une économie davantage tournée vers le marché intérieur continental avec des bons salaires et de meilleurs prix pour rémunérer ceux qui produisent ici ».

 

Quelle est l’origine de la prise de conscience brutale des ravages de la mondialisation ? L’ancien ministre l’explique par l’incapacité de l’État à faire face alors que « notre pays s’est soudé dans son histoire à travers la construction d’un Etat fort qui unifie et protège« . Les gouvernements successifs ont oeuvré depuis des décennies à libéraliser l’État et à réduire son champ d’action, on le paie aujourd’hui au prix fort des vies humaines. Hubert Védrine, ancien ministre de François Mitterrand appuie cette analyse cette semaine dans L’OBS« Je ne pense pas que les choses vont revenir exactement comme avant la pandémie. Ce n’est pas souhaitable. Beaucoup de choses dites « normales » ne l’étaient pas. Les gens ont pris brutalement conscience des dangers de la mondialisation, d’où l’angoisse ressentie. Cela va produire des changements, c’est certain. Je crois aussi à un certain retour de la régionalisation de la production, pour des raisons à la fois de sécurité et d’environnement. ». Non, hors de question de recommencer.

Après la crise de 2008, et ses terribles conséquences : chômage, précarité, réchauffement climatique, il faut tout changer car le monde coure à sa perte. A travers ce drame, une opportunité se présente à nous, celle de changer le monde. Mais il faudra être vigilant, Hubert Védrine le souligne ; “l’impatience à relancer l’économie et la croissance à tout prix ne devra pas nous faire oublier l’impératif, vital, de l’écologisation”.

François BREBEL